Philosophie

L’homme est plus que l’homme.

 

C’était il y a quelque quinze ou vingt ans. Dans une salle de conférence prestigieuse de l’Ecole Normale Supérieure, un public nombreux, fait essentiellement de professeurs d’université, d’intellectuels et d’étudiants de haut niveau, un intervenant  exceptionnel en la personne Yves Bonnefoy, un écrivain de grand talent et surtout un poète.

Il arrive bien sûr sous les applaudissements et commence dès le début de son discours à dire, lui, le manipulateur des mots par excellence, combien les mots sont incapables de dire les choses. Les mots sont pour lui autant des outils que des pièges pour transmettre la pensée, pièges précisément parce qu’outils, outils qui prennent trop d’importance. Ils ne font la plupart du temps que suggérer et  le lecteur d’un roman, d’un poème ou d’un texte quelconque est appelé à être créateur presque autant que l’auteur attitré.

Lire, c’est créer.

Mais Yves Bonnefoy n’en restera pas là. Lui, le poète quasi professionnel, dira que les mots, trop matériels, trop réalistes, trop utilitaires nuisent à la pensée ou du moins la rendent infirme, la limitent. Et le voilà chanter la louange de la musique : là c’est moins matériel, moins limité, et encore ? Ce qui est sûr, c’est que dans la musique, cela bouge, ce n’est pas fixé. D’aucuns diront pourtant que le même mécanisme entre en jeu. Comment donc se débarrasser de l’univers matériel pour atteindre pleinement une autre dimension.

Les peintres se sont penchés sur ce problème. Leur projet n’a pas toujours été d’être, comme on dit, réalistes. Ils ont cherché à représenter plus ce qui était que ce qui se voyait. Et même n’en sont-ils advenus parfois à complètement « zqueezer » le matériel, le réel, et à ne plus faire que de l’abstraction : des traits, des traits qui ne correspondent que de loin, parfois même de très loin, au réel, au concret. Est-ce réussi cette fois ?

Non, jamais parfaitement.

Nous savons bien que dans nos relations humaines ce qui se dit est loin de ce qui est. Nous parlons de la pluie et du beau temps, de la dernière dent du petit ou des œufs du poulailler, mais l’essentiel est ailleurs dans la rencontre et cela est indicible.

Et même lorsque la discussion est sérieuse, que les thèmes les plus littéraires, politiques, philosophiques, sont abordés, que les avis sont divers, parfois même en opposition les uns aux autres, l’essentiel n’est toujours pas là.

Fernand COMTE

22 juillet 2017

 

Hubris

 

La civilisation grecque, - la langue grecque - a  peut-être cette faculté, plus qu’aucune autre, de dire les choses avec une certaine complétude. Ainsi en est-il du terme Hubris, du grec ancien ὕϐρις. Il s’agit de la démesure, de l’orgueil, de l’ambition démesurée. L’hubris est donc le mouvement fautif de dépassement de la limite, le crime. Car pour les Grecs il s’agit bien d’un crime : perte du sens des réalités, intolérance à la contradiction, actions à l'emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir. On y associe souvent narcissisme, arrogance, prétention, égotisme, voire manipulation, mensonge et mépris. L’hubris désigne aussi un manque d’intérêt pour tout ce qui ne concerne pas le sujet personnellement, une absence générale de curiosité. Une de ses caractéristiques principales est qu’il est visible de tous, sauf du principal intéressé et de ses fidèles.

Il y a quelque temps l’on m’avait demandé de coordonner un livre sur les grands hommes de l’histoire. Parmi ceux-ci il y avait évidemment Alexandre le Grand. Aussi ai-je contacté un professeur de la Sorbonne, grec de nationalité et enseignant la philosophie. Je reçus par retour du courrier une lettre furibonde. D’abord Alexandre n’est pas grec, mais macédonien. Il a trahi la pensée grecque même s’il a beaucoup fait pour son expansion. En fait c’est surtout un envahisseur tel Gengis Khan, César, Hannibal, Attila, Napoléon et autres Hitler.

C’était, d’après notre professeur, l’hubris à l’état pur, le plus grand crime pour les Grecs, j’allais dire pour les démocrates grecs. Ils ont fait force description de cet hubris dans la littérature, la tragédie, les épopées, ils n’en ont eu pratiquement jamais à en souffrir en politique, sauf peut-être avec Alexandre qui était précisément macédonien et non grec.

A 18 ans, il commande la cavalerie à la bataille de Chéronée.

A vingt ans il devient roi par l’assassinat de son père, Philippe, roi de Macédoine, et non de Grèce. Alors, il fait tuer tous ses ennemis et rase la ville de Thèbes.

A 22 ans il part à la conquête de l’Asie à la tête de 35 000 fantassins et 5 000 cavaliers. Il s’empare d’ Halicarnasse, Lampsaque ou Aspendos.

A 23 ans il possède la Lycie, la Pamphilie et la Pisidie. La ville de Tyr lui résiste pendant sept mois avant de se soumettre, il a alors 24 ans. 8 000 Tyriens sont massacrés et 30 000 vendus comme esclaves). Il s’attaque à Gaza, puis à l'Égypte. Il chasse de la capitale Memphis le tyran perse qui y régnait.

A 25 ans il s’attaque à Babylone. Puis il soumet successivement Suse, Persépolis et Pasargades, la dernière capitale perse.

A 29 ans il part avec une armée de 120 000 personnes pour les vallées de l’Indus.

Mais cela ne dure pas : le grand maître de la Grèce, de l'Egypte et de l'Asie, s’éteint le 13 juin 323 avant J.C à l’âge de 33 ans.

Cette vie est-elle admirable ?

Une belle réussite, diront certains, une réussite personnelle, seulement personnelle, exclusivement personnelle. Parce que pour les autres, un vrai massacre, une calamité.

Il s’agit là de l’hubris à l’état pur. En sont-ils si dépourvus les gens qui parviennent trop vite au pouvoir,  et ceux qui invitent les jeunes à vouloir devenir millionnaires quelques qu’en soient les moyens, parce qu’il faut bien cela.

Fernand COMTE

  26 juin 2017

 

 

 

 

L’Allégorie de la Caverne

 

 

 

Il s’agit d’une allégorie, soit une histoire ou un fait inventée pour en expliquer une autre ou un autre. L’allégorie de la caverne serait une idée de Socrate rapportée par Platon, il y deux mille cinq cents ans.

 

Imaginer des hommes alignés, ligotés, enchaînés, la tête fixée en avant par des entraves. Ils ne connaissent de la lumière du jour que les reflets sur un mur blanc placé devant eux et sur lequel se meuvent des ombres. Car derrière eux se trouvent une lumière très brillante et entre eux et cette lumière passe une route élevée sur laquelle circulent des hommes, des animaux, des véhicules de toutes sortes, des objets de toutes formes. Ces prisonniers n’en connaissent que les ombres projetés sur le mur. Pour eux la réalité se résume à ces formes noires. « Si donc ils pouvaient s'entretenir ensemble, ne prendraient-ils pas pour des objets réels les ombres en question ! »

 

 

 

Imaginer qu’un de ces prisonniers soit libéré et sorte de la caverne. Ébloui par la lumière, les formes, l’épaisseur des choses, les couleurs, etc. « Que répondra-t-il si quelqu'un vient lui dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste? si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l'oblige, à force de questions, à dire ce que c'est ? Ne serait-il pas embarrassé, et penserait que les ombres qu'il voyait tout à l'heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu'on lui montre maintenant ? »

 

Imaginer enfin que l’homme libéré revienne près de ses compagnons de captivité et leur raconte ce qu’il a vu. Serait-il cru ?

 

Beaucoup de philosophes, d’écrivains, de gens célèbres ont commenté cette histoire : Abélard, Cervantes, Descartes, Saint Exupéry et même récemment Alain Badiou. Il y a donc beaucoup à dire sur ce sujet. Restons en à l’une des explications de Platon qui met en évidence la difficulté des hommes à changer leurs conceptions des choses, leurs résistances au changement, l'emprise de idées reçues. «Les prisonniers de la caverne représentent ceux qui préfèrent ne pas s'interroger ni remettre en cause un ordre établi, aussi inapte soit-il. »

 

 

 

Nous sommes tous un peu comme cela et pourtant l’autre, celui qui a été libéré ne peut qu’apporter quelque chose, c’est évident dans l’histoire racontée par Platon. Mais c’est aussi toujours vrai. Ah si l’on savait toujours écouter l’autre : l’ouvrier et le cadre, le paysan et le fonctionnaire, et pourquoi pas le riche et le pauvre, à coup sûr le membre d’un parti politique et celui d’un autre, le fan de Mélenchon et celui de Duflot.

 

Écouter l’autre, c’est accepter d’être déstabilisé, de ne plus tout à fait croire ce que l’on croyait, c’est réfléchir, c’est-à-dire revenir en arrière dans ses idées et même dans ces convictions. Alain a même cette formule : « Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit. »

 

Chaque jour, on peut rencontrer ce petit vieux qui marche péniblement avec sa canne dans les rues de la ville. Il a même du mal à parler distinctement et on le comprend difficilement. Pourtant il est comme tous les hommes un centre du monde, un point de vue tout original et personnel de tout ce qui l’entoure et nous entoure, de la vie, de l’univers. Sans aucun doute une richesse à rencontrer !

 

28 octobre 2016

 

Je sais que je ne sais rien

 

« Je sais que je ne sais rien », ce sont les mots maintes fois répétés par Socrate au Ve siècle avant Jé­sus-Christ.

 

« Je sais que je ne sais rien », et il n’exprimait jamais

 

d’affirmations péremptoires, mais po­sait des questions à

 

ses nombreux interlocuteurs, puis continuait de poser de

 

nouvelles questions sur les réponses données et cela sans

 

fin. Il s’agit d’un per­pétuel questionnement. On a appelé

 

cette fa­çon de faire la « maïeutique », sorte

 

d’accouchement qui n’ac­couche que des questions.

 

Accusé de pervertir la jeunesse puisqu’il met tout en

 

doute, Socrate se défend en faisant le portrait de ceux qui

 

l’entourent.

 

Il va donc voir un politique, et « du dialogue que j’ai eu de ce per­sonnage, dit-il, j’ai retiré à peu près l’impression

 

suivante : il m’a semblé que cet homme paraissait sage

 

aux autres, qui étaient nom­breux, et surtout à lui-même,

 

mais qu’en réalité il ne l’était pas. J’ai ensuite essayé de

 

lui montrer qu’il croyait être sage sans l’être réel­

 

lement. » Et Socrate continue : « Moi je suis plus sage

 

que lui. Car il y a certes des chances qu’aucun de nous ne

 

sache rien de beau et de bon ; mais lui croit savoir

 

quelque chose, alors qu’il ne sait rien, tandis que moi, si

 

je ne sais, je ne crois pas non plus savoir. »

 

Après les politiques, il va voir les poètes. Alors il est

 

surpris que tous ceux qui les lisent peuvent parler

 

beaucoup mieux qu’eux des textes qu’ils ont eux-mêmes

 

écrits. La conclusion est que les œuvres poétiques ne

 

doivent rien à la sagesse, mais qu’ils sont écrits par une

 

sorte d’élan naturel, possédés que sont les auteurs par

 

« un dieu » comme le sont les prophètes et les devins qui

 

disent beau­coup de belles choses, mais ne savent rien de

 

ce qu’ils disent.

 

Il va trouver enfin les gens de métier, sûr de les trouver

 

pourvus d’amples et belles connaissances. Et il n’est pas

 

déçu. Ils savent ef­fectivement nombre de choses que lui,

 

Socrate, ne connaît pas. Mais là il faut citer le texte de

 

Platon qui rapporte cet épisode : « Les bons artisans

 

m’ont paru avoir le même défaut que les poètes : parce

 

qu’ils savaient bien exercer leur métier, chacun se croyait

 

aus­si le plus sage ailleurs, dans les choses les plus impor­

 

tantes, et ce dérèglement en eux éclipsait leur autre

 

savoir. »

 

Vingt-six siècles plus tard, les choses n’ont guère

 

changées.

 

Les politiques laissés à eux mêmes disent n’importe quoi

 

et surtout font n’importe quoi. On se souvient du « Tous

 

propriétaires » de Sar­kozy juste avant la crise des

 

subprimes, des « grands projets in­utiles et imposés »

 

comme l’aéroport de Madrid-Sud, celui de Mont­réal-

 

Mirabel, et celui d’Helliinico près d’Athènes, les uns et les autres construits à grand frais puis complètement

 

abandonnés, in­utilisés, inutiles. On se souvient aussi du

 

magnifique discours de Hollande au sujet de la finance,

 

son « véritable adversaire », dis­cours prononcé devant

 

25000 auditeurs au Bourget.

 

Les poètes, Socrate a sans doute raison : ils ne possèdent

 

pas leurs œuvres, ils en sont possédés, ce qui n’est pas

 

tout à fait la même chose. Il s’agit d’un savoir-laisser-libre plus que d’un savoir-faire. So­crate parle du « démon » dont ils sont habités. Il s’agit d’une sorte de mythologie qui présente quelques aspects de la réalité.

 

Enfin les techniciens, les gens de métier. Voici des gens

 

qui connaissent parfaitement ce qu’ils ont fait, ce qu’ils

 

font et ce qu’ils feront. Ils sont eux-mêmes à l’origine de leur savoir et de leur sa­voir-faire. Ils ont inventé. Nous pensons naturellement au petit arti­san de village. Mais comme dit Socrate il ne faut pas aller voir au-delà. Quand l’ambition devient démesurée, que le gigantisme s’im­pose, ainsi que le risque, l’à peu près, la précipitation, l’abus du court terme et du profit immédiat. On tombe alors dans nombre d’inconnus parfois des plus dangereux.

 

Et alors on pense au nu­cléaire, aux produits chimiques, à la nanotechnique vers lesquels d’aucuns s’aventurent sans en mesurer les conséquences (les effets secondaires comme ils disent).

 

Sans doute la phrase de Socrate est toujours vraie :

 

Galilée en don­nait sa version en disant :" Plus j'apprends plus je m'aperçois que je ne sais pas " . Et Edgar Morin en donne une nouvelle version au XXe siècle : « Le spécialiste (exclusif) est incapable de penser la connaissance dont il ne détient qu'un fragment" et l'hyperspéciali­sation est une "mutilation de la pensée".

 

Nul spécialiste ne peut se passer d'une culture plus large que celle de sa discipline".

 

 

 

 

 

Et Marie ajoute cette phrase attribuée à Nietzsche : « Le contraire de la Vérité, ce n’est pas le mensonge, ce sont les convictions », d’aucuns diront les certitudes.

 

 

 

 

 

Papillons à la vie éphémère

 

Ils sont sortis de terre où ils n’étaient que des vers bruns de la couleur de leur milieu, et aujourd’hui ils volent dans tous les sens, empruntent un court moment  les couleurs de l’arc en ciel, agitent  vivement leurs ailes éclatantes. Ils sont petits et animent pourtant les lieux les plus lumineux, occupent l’espace, donnent vie à la lumière du soleil. Ils sont présents quelque temps, à peine une journée, pas plus, mais remplissent complètement ce temps qui leur est imparti.  Ce sont les papillons à la vie éphémère.

 

Un court moment dans un temps démesuré ! Comme l’homme dans son univers : quelques milliers d’années, inscrite dans des milliards de milliards, - oui d’années. « L’année », une mesure enfantine prise sur le mouvement de la terre autour du soleil, une mesure ridiculement minuscule face aux mouvements des étoiles, des galaxies, voire d’univers multiples, dans un temps qui, en fin de compte, ne se mesure pas.

 

Et pourtant tout se tient.

 

Nos « ailes multicolores » à nous, les hommes, ce sont le Taj Mahal et les cathédrales européennes, ce sont les « Mille et une nuits » et les « Jeunes filles en fleurs », ce sont le Nô japonais et l’opéra de Mozart, ce sont les peintures pariétales et les demoiselles d’Avignon, ce sont les calculs d’arithmétique et l’ordinateur, ce sont… ce sont … ce sont, on n’en finirait pas de faire la liste.

 

Mais à chaque fois, on trouve emprunt, échange et partage, tout se tient.

 

L’outil est la pierre taillée, inventée il y a des milliers d’années et reprise par des générations, adaptée à chaque travail, améliorée par tel ou tel, et finalement revisitée par l’artisan d’aujourd’hui.

 

L’idée actualisée du philosophe du XXIe siècle vient des premières réflexions des Grecs ou des Chinois, malaxée par nombre d’intellectuels de bien des pays, frottée aux réalités de chaque jour, annulée souvent un temps, puis refondue dans une pensée qui semble originale et qui sera un temps d’actualité.

 

La peau, eh oui, même elle - cela semble ce que nous avons de plus personnel, notre propriété la plus intime, ce qui pause sur chacun de nous, ce qui arrête sur l’individu. Et pourtant jamais cette peau ne vit plus que sous la caresse, la caresse qui donne autant de bonheur à celui qui la donne qu’à celui qui la reçoit.

 

Tout est emprunt, échange et partage.

 

Même ce que l’on mange. Ah cette fois-ci c’est bien à chacun et à personne d’autres, ce que l’on mange, ce qui devient soi. Pourtant rien à voir entre le repas pris seul dans sa casemate et le repas de famille, le repas de fête. C’est même sans doute le cœur de bien de nos vies.

 

Tout est emprunt, échange et partage.

 

Rien n’appartient à personne. C’est ce qui fait l’évolution depuis ses origines, s’il y a des origines. Une longue, très longue évolution toute faite de hasards, de grands nombres incalculables, de véritables tirages au sort, sans calcul, sans prévision, sans destinée.

 

Et voilà que l’homme arrive.

 

Alors le hasard recule, les incertitudes de l’évolution se trouvent peu à peu moins nombreuses, cela se fait certes très lentement. La réflexion a bousculé le désordre de notre petite part d’univers.

 

Jacques Monod disait déjà, en 1970 :

 

« L’homme finalement se rend compte qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers, d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part. A lui de choisir… [1]»

 

Puis vient comme en écho quelque trente ans plus tard cette conclusion d'un autre savant bien au fait des découvertes les plus récentes et membre de l'Académie royale de Belgique:

 

« En ce qui concerne l'évolution des êtres vivants une fois la vie apparue, le hasard et la nécessité ont très certainement joué un rôle. De là à affirmer qu'une espèce animale appelée Homo sapiens devait nécessairement apparaître et discourir à propos de sa place dans l'Univers, il y a un pas que nous nous refusons absolument de franchir. Dans la longue histoire de la matière et dans l'histoire de la vie, l'Homo sapiens apparaît tardivement. Rien ne permet de prévoir ce que sera la durée de vie de Homo sapiens en tant qu'espèce et cela d'autant plus que nous avons acquis la capa­cité de modifier notre évolution.[2]»

 

Teilhard de Chardin parlait du point Oméga, non comme un terme acquis, mais comme un but à atteindre pour les hommes[3].

 

Pourtant « Le monde à l’envers nous apprend à subir la réalité au lieu de la changer, à oublier le passé au lieu de l’écouter et à accepter l’avenir au lieu de l’imaginer.[4] »

 

A chacun d’agir.

 

Fernand COMTE

 

20 novembre 2013

 


 

[1] Jacques Monod, Le Hasard et la nécessité.

 

[2] Jacques Reisse, La longue histoire de la matière, PUF

 

[3] Voir Fernand Comte, Dieu et Darwin, JC Lattès.

 

[4] Eduardo Ganeano, Sens dessus Dessous, l’école du monde à l’envers, édition Omnisphère

 

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Commentaires

16.01 | 21:50

je regarde ton blog ce soir
c'est bon pour moi: tu y es bien
avant je ne le faisais pas

...
26.07 | 19:16

Je viens de lire un peu plus tes articles. j'ai ouvert le blog. Ils mettent en mots, en ordre les pensées que j'essaie d'ébaucher. je vais continuer.

...
13.08 | 01:08

Bonsoir Fernand, c'est avec plaisir que je viens de decouvrir votre blog. Amities, Lucian

...
13.01 | 20:53

bonsoir Fernand. J'ai lu hier votre magistrale démonstration sur l'endettement et ce soir vos voeux de 2014. Cela m'a beaucoup touchée.

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