Le Mur de l'argent

 

 

 

 

 

C'est Edouard Herriot qui en parlera le premier en 1929. Il s'est affronté au mur de l'argent quand il a reçu le pouvoir au nom de la gauche française. Le mur de l'argent, c'était avant tout la banque de France, encore propriété des "deux cents familles".

 

Le mur de l'argent.

 

Les hommes construisent des murs, la nature n'en construit pas, du moins les murs de la nature sont franchissables : on traverse les mers, on fait des ponts sur les fleuves les plus larges, on crapahute sur les montagnes les plus hautes, on parvient même jusqu'à l'autre bout du désert. Oui les murs de la nature sont franchissables et toutes les terres se trouvent être côte à côte.

 

Mais les murs fabriqués par l'homme sont autre chose : la grande muraille de Chine, les remparts des forts médiévaux, le mur de Berlin, le mur de Palestine, le mur  du Mexique, même les murs qui entourent les quartiers bourgeois au Brésil, en France et ailleurs. Ces murs sont précisément faits pour ne pas être franchis, ils sont construits pour séparer.

 

Les murs fabriqués par les hommes sont faits de pierres et de béton, pourtant ils ont cette particularité d'être ouverts sur l'extérieur et fermés sur l'intérieur : ils laissent entrer et ne laissent pas sortir..

 

Un mur fabriqué par l'homme veut dire que les autres n'existent pas, il manifeste le refus de la société des autres.

 

Le mur de l'argent est de cette sorte. Il n'est pas fait de pierre et de béton, il est fait de chimères, de chiffres, surtout d'ambitions. Il s'appuie surtout sur le crédit, la confiance, attestée ou non, assurée ou non : le principal étant que l'on y croit. Le mur d'argent en joue à sa façon, il prend de la valeur quand on croit en lui, il en perd quand on y croit moins. Aussi tout est joué sur l'opinion, la rumeur, les idées reçues. C'est très aléatoire mais aussi manipulable à souhait. Et les autorités financières savent en jouer.

 

Cela n'empêche pas au mur de l'argent d'être inviolable. Comme les murs de béton il laisse entrer, et met beaucoup de difficulté pour laisser sortir. C'est une puissance, un pouvoir presque indomptable.

 

Entendons-nous bien : il ne s'agit pas de l'argent utilisé tous les jours pour les échanges, il s'agit essentiellement de l'argent accumulé, un autre argent,  un tout autre argent. Il s'agit de capitaux ayant un pouvoir hallucinant sur tout ce qui existe au monde, un pouvoir qui résulte du travail de multiples générations et pas seulement de ceux qui aujourd'hui tirent  les ficelles.

 

On pourrait croire que le pouvoir politique, quelque qu'en soit la forme est un pouvoir absolu, qu'il peut faire ce qu'il veut de l'argent public. Que nenni.  Il a souvent à faire à plus fort que lui, le pouvoir financier. C'est le pouvoir financier qui commande, c'est-à-dire le pouvoir des grosses fortunes le plus souvent constituées sur le travail des petits employés restés pauvres.

 

Ainsi s'en sont rendus compte Edouard Herriot en 1925, Léon Blum en 1936 et même François Mitterrand en 1981.

 

C'est le combat crucial que mènent aujourd'hui Alexis Tsipras et Yanis Varoufakis au nom du peuple grec et l'on peut dire au nom de tous les peuples. Le comble aujourd'hui est que le combat est mené du côté des puissances financières par des instances qui se prétendent démocratiques et même par un commissaire soi-disant socialiste et, à notre honte, français.

 

Sera-ce cette fois-ci que nous mettrons à bas cette puissance illégitime? Il faut pour cela aux Alexis Tsipras et Yanis Varoufakis, un courage politique hors du commun et le soutien des peuples souverains de l'Europe.

 

Il a fallu des siècles pour que le peuple se libère du pouvoir tout aussi illégitime des rois et des empereurs, faudra-t-il autant de temps pour se défaire de la dictature des financiers?

 

Fernand COMTE

 

 17 février 2015

 

Fernand@fernandcomte.fr

 

 

 

Voir le blog www.fernandcomte.fr

 

Commentaire :

 

Oui, le mur est une valeur sûre de nos jours, en forte croissance.
 
 J'aime assez écouter "les enjeux internationaux" sur France-Culture le
 matin vers 6.45 en prenant mon petit déjeuner. Il a été question,
 aujourd'hui, des ex-pays de l'Est en distinguant 4 grands groupes selon  leur situation économique actuelle.

 

Il me semble que les Grecs pourraient peut-être considérer les choix  faits par le groupe de la Hongrie + Pologne + République tchèque +  Slovaquie. Ces pays ont, paraît-il, privilégié la consommation  intérieure et les investissements publics, par opposition à la production à l'exportation qui dépend des multinationales.

 

Quand on met le petit doigt dans une multinationale, j'ai l'impression qu'on perd le contrôle de tout (salaires, production, règles de l'environnement). Tout part à l'exportation (avec, of course, possibilité de pots de vins, facteur déterminant pour de nombreux décideurs politiques). Elles font miroiter la création d'emplois ; mais à quelles conditions et pour combien de temps et pour le bien de qui ?

 


Jacquelinelouiseléontine

 

L’argent

1)      L’argent est sacré. Il n’est pas sacré dans ses origines : on peut l’obtenir par tous les moyens, les plus laborieux ou les plus faciles, les plus honnêtes ou les plus malhonnêtes, enfin tous les moyens sont bons pour gagner de l’argent. Là l’argent n’est pas sacré. Par contre il est sacré lorsqu’on le possède, surtout si l’on en a beaucoup. Alors il fait partie de la personne qui en est propriétaire, on ne peut l’en dessaisir quels qu’en soient les moyens, quels qu’en soient les raisons, quels qu’en soient les instigateurs ;

2)      L’argent achète tout. Tout s’achète, les biens et les titres, les terres et les mers, les inventions et les hommes (surtout les femmes d’ailleurs) ;

3)      L’argent crée la plus grande discrimination entre les hommes : il y a ceux qui en ont et ceux qui n’en ont pas. Les premiers sont sur tous les medias, se présentent comme des vedettes, des gagneurs, des modèles, les seconds, bien que des millions de fois plus nombreux n’existent pas ou si peu qu’ils ne font l’objet d’aucune attention ;

4)      L’argent s’accumule de façon illimitée. Personne ne peut occuper tous les lieux, les montagnes ne s’élèvent jamais au-delà de 9000 mètres, la terre elle-même et ses ressources semblent tout à coup limitées, mais l’argent, lui, peut s’accumuler sans cesse. On veut toujours en posséder plus, les chiffres comptant l’argent sont aussi infinis que les chiffres peuvent l’être ;

5)      L’argent sauve et tue. Sa puissance est inexorable. Il entraîne misère et mort d’homme par son accumulation ou par son manque, les premiers par orgueil ou ambition demesurée, les seconds par pénurie de nourriture, de soins et d’un confort minimum ; l’argent, on le voit aujourd’hui, peut réduire toute une population à la misère, saccager un pays tout entier et en détruire même les structures ;

6)      L’argent dénature tout sur son passage, les échanges entre personnes ne sont plus amicaux mais concurrentiels, chacun cherchant à gagner plus que l’autre et sur l’autre, les entreprises crées pour rendre service ou créer des objets utiles à tous, ne cherchent plus qu’à faire du profit c’est-à-dire de l’argent quitte à tromper aussi bien l’employé que le client, etc.

7)      L’argent est une sorte de chape de plomb qui écrase la société dans tous ses composants et tous ses aspects et dont on ne peut se défaire sans une véritable révolution des esprits.

Je rêve, à la suite de Paul Aries, à une société sans argent dans laquelle le boulanger donnerait son pain à qui en a besoin – inutile d’en prendre plus puisque ce n’est ni vendable ni stockable – le maraicher ses légumes à qui saurait les cuisiner, le plombier rendrait les services utiles toujours sans argent, tous recevant selon ses besoins de ses voisins et amis.  Ce serait localement sans argent et pour l’ensemble avec un revenu inconditionnel fourni par la société.

Fernand COMTE

31 mai 2013

Fernand@fernandcomte.fr

ajoût de Florent :

7bis : Comparativement à la richesse humaine, intellectuelle et naturelle, l'argent est d'une faiblesse extrême dans sa représentation, d'une pauvreté crasse car il n'est que comptable. L'argent est aussi triste que l'uniformisation de la mondialisation, indigeste, pauvre et vide. Il transforme tout ce qu'il représente (s'approprie) en valeur comptable en un chiffre mathématique. Il consacre le règne des ingénieurs comptables et du numérique, du numéraire devrais-je dire.

Limité la définition d'un objet, d'une idée au seul critère de l'argent, à la seule dimension comptable est une négation de toutes ses autres dimensions, de l’objet lui-même.

 

 

Le racket et l’arnaque

 

Le racket, dit le dictionnaire, est une extorsion d’argent ou de biens matériels par chantage, intimidation, terreur ou violence. On parle facilement du racket qu’exerce le fisc, c’est-à-dire l’État, sur nos revenus, on parle même du racket des multinationales pour ne pas payer l’impôt dû, par le biais des paradis fiscaux. Mais le racket est aussi celui des voleurs, des bandits de grand chemin, des rapines de toutes sortes.

Curieusement on ne parle jamais, ou bien peu, du racket qu’exercent les patrons sur la plus-value créée par les salariés dans les entreprises. Cela se fait en effet en douceur, mais non souvent sans une extrême violence.

-          Et pourtant depuis quelques dizaines d’années c’est plus de  10 %  de cette plus-value qui est passé des mains des salariés aux mains des patrons ou des actionnaires,

-          pourtant la rémunération des patrons du CAC 40 s'est accrue de 34 % en 2010, alors que le taux de salaire réel a stagné ou progressé d’à peu près 1%. C’est la crise paraît-il, mais elle n’est pas pour tout le monde. Les patrons seraient-ils 34 fois plus productifs que l’ensemble des employés de l’entreprise ?

-          Pourtant l’on voit des pdg gagner plus de mille fois ce que gagne un employé moyen, que le pdg de Publicis gagne 127 fois ce que gagne le président de la République (voir l’article du Monde Diplomatique du 14 mai 2013).

Pendant ce temps le cancer du néo-management se répand partout. Les salariés sont de plus en plus nombreux à être harcelés et déstructurés. De dépression et envies de suicide à arrêts maladie quand ils se taisent, de licenciement et mise à pied quand ils protestent, le tableau est le même partout : entreprises privées comme Renault,  IBM, centres d’appel et même entreprises publiques privatisées ou en voie de l'être comme France Télécom,  la Poste, l'Inspection du Travail, la médecine du travail.

Ce partage est un vrai scandale : pour les uns tous les avantages, des avantages qui grossissent de jour en jour, pour les autres toutes les peines, souffrances et dettes, ce qui peut aller jusqu’à la destruction de leur propre vie.

Et certains ont le culot de parler d’impôt « confiscatoire » comme si ce bénéfice du racket qu’ils exercent dans les entreprises leur appartient de bon droit, comme si ils ne l’avaient pas purement et simplement volé à leurs employés. Il faudrait en effet distinguer dans la plus-value obtenue ce qui revient au travail des salariés et à l’organisation de l’entreprise, au management (et quel management !), mais aussi au milieu, à l’environnement créé par l’État, aux routes qu’il entretient, aux conditions sociales qu’il crée, à la sécurité qu’il assure, etc.

Mais comme ce sont les chefs d’entreprise qui décident en toute autorité de cette répartition, ils s’attribuent la plus grosse part, une part qui d’ailleurs ne cesse de grossir aux dépens des autres dont la part diminue relativement de plus en plus.

Voilà où nous sommes parvenus avec le néolibéralisme. Nous sommes en marche pour aligner les salaires des Français sur ceux du Bengladesh. En effet il n’y a vraiment pas de raison, pensent-ils, de faire moins de profit en France qu’au Bengladesh. C’est cela la compétivité promue par un gouvernement français qui se prétend socialiste.

 

Après le racket, l’arnaque.

L’arnaque c’est la tromperie sur la marchandise, sur le prix, sur la qualité du produit.

Il y a comme une campagne pour plaider publiquement en faveur des entreprises. Ce sont, entre autres les Echos du 30 avril qui affirment, sans rire, que les entreprises françaises sont les plus taxées, 44,4 % disent-ils, et Le Monde du 2 mai soutient la même version.

Il y a dans cette façon de montrer la situation quelques vétilles de vérité. Deux points sont particulièrement à signaler :

1)    D’abord on peut en effet dire cela si on ne tient aucun compte des niches fiscales et autres dérogations propres à la France. Notre pays est champion dans ce domaine. Mais si l’on veut montrer la réalité des choses, c’est-à-dire si l’on tient compte de ces dérogations diverses la France n’est plus la première mais le 12ème en Europe (Etude Eurostat d’avril 2013) – douzième sur 27, c’est une bonne moyenne.

2)    Ensuite il est pour le moins perfide de mettre au même niveau les petits et les gros : D’après le Conseil des prélèvements obligatoires les entreprises du CAC 40 n’étaient imposées que de 8%, les PME de 22% et les très petites entreprises de 28%. Dans le système libéral on fait toujours payer de préférence ceux qui ont le moins.

Mais la mauvaise foi peut aller beaucoup plus loin. Le Medef affirme dans une étude récente « l’asséchement année après année de la capacité d’investir » en France. Or « le discours sur un manque d'attractivité de la France du fait de sa fiscalité est démenti par les faits. Elle accueille près de deux fois plus d'investissements étrangers par rapport à la richesse nationale que l'Allemagne ou l'Italie. En 2012, ces investissements ont augmenté de 43,8 % par rapport à 2011, soit 58,9 milliards de dollars (45,3 milliards d'euros), alors qu'ils se sont effondrés en Allemagne, passant de 40,4 milliards à 1,3 milliard de dollars.

 

Fernand COMTE

21 mai 2013

Fernand@fernandcomte.fr

L’argent des riches,

         L’argent des pauvres.

 

L’argent des riches, nous savons où il est, dans les banques, dans les multinationales, dans les affaires. Il ne demande qu’à grossir et il grossit effectivement : l’argent fait de l’argent et souvent rien d’autre. Les économistes libéraux parlent de création de valeurs, mais ces valeurs ne sont que du papier, sinon des chiffres sur un écran d’ordinateur. Rien à voir avec l’économie réelle.

Pourtant l’argent des riches est une propriété privée, un droit sacré intouchable. Sans doute les riches prêtent-ils parfois à des emprunteurs, mais ce n’est pas un geste de solidarité, c’est un geste d’exploitation. L’argent reste leur propriété, ils ne prêtent que pour être remboursé et avec intérêt et l’intérêt est d’autant plus important que l’emprunteur est pauvre. Il faut bien que le risque rapporte et le risque est plus grand quand l’emprunteur est pauvre. Curieusement c’est sur cet argent des riches, et seulement sur cet argent, qu’est calculée la richesse d’une nation, le grand souci de nos gouvernements libéraux.

L’argent des pauvres. Eh oui il y a aussi l’argent des pauvres. Ce sont les salaires, les retraites, les services publics. Il est aux pauvres, cet argent, ils l’ont obtenu de leur travail, de leurs cotisations, c’est de l’argent mis de côté. Bien sûr tout le monde profite de ces avantages mais pour les riches ce n’est qu’accessoire, ils ont bien d’autres moyens, tandis que pour les pauvres, c’est une condition de survie. C’est aussi une propriété privée, mais hélas une propriété bien mal protégée par l’État. Celui-ci ne parle plus de cotisations des salariés mais de charges des entreprises, comme si cet argent n’appartenait pas aux salariés mais aux entreprises.

Ainsi y a-t-il deux poids, deux mesures : on prend à ceux qui ont le moins, on donne à ceux qui ont le plus.

« Selon que vous soyez puissant ou misérable… »

Fernand COMTE

5 novembre 2011

Fernand@fernandcomte.fr

 

 

Les débordements

 

 

Revenons à la réalité concrète :

Les objets, les choses, les outils, la nature, que sais-je, tout ce qui existe comme matière ou matériaux, tout cela a pour objectif final d’être utilisé et rien d’autre. C’est leur raison d’être. C’est du moins ce qui en fait l’intérêt pour l’habitant de la planète.

Des peuples d’Amazonie, d’Afrique profonde ou de régions qui n’ont pas été touchées par la civilisation surtout occidentale, nous en donnent l’exemple. Ils utilisent ce qui les entoure sans se poser aucun autre problème que celui de le trouver là. Et s’ils n’en ont plus l’utilité, ils le laisse là tout simplement.

De propriété, de titre de propriété, de papier de propriété, ils n’en ont pas besoin, ils n’y voient aucune utilité, et même ils y verront une nuisance quand les Occidentaux avec leurs projets fabuleux viendront envahir leur terre. Ce sont d’ailleurs pourtant, semble-t-il, les premiers occupants.

 

Le droit de propriété s’est ajouté à l’usage, un droit fabriqué de toutes pièces, un droit, non fait pour celui qui l’obtient, mais contre les autres, puisqu’il n’est fait que pour exclure les autres de l’usage du bien en question. On se demande comment ce droit de propriété se trouve être inscrit dans la déclaration des droits de l’homme. L’explication tient sans doute au fait que cette déclaration, celle de 1789 et celles qui ont suivi a été écrite par des gens qui, ou étaient eux-mêmes propriétaires, ou aspiraient à l’être.

C’est un débordement.

 

Modeste, cette explication, très modeste quand on sait l’accaparement par les plus riches non seulement des terres comme nous venons de le voir pour l’Amazonie et d’autres pays, mais des richesses naturelles, des forêts et des produits du sous-sol, quand on sait l’appropriation démesuré du travail des hommes dans les entreprises et l’immense charge qu’ils imposent aux activités humaines, etc.

C’est un débordement inacceptable du droit de propriété.

 

Mais il y a encore pire.

La propriété s’est exprimée en argent, un argent, une monnaie détachée de ce qu’elle représente. Soyons plus clair :

La monnaie avait été inventée essentiellement comme moyen d’échange comme unité de mesure de comparaison entre deux biens. L’argent n’était qu’une façon de mettre en relation le travail du boulanger et celui du tailleur, rien de plus.

Mais voilà que l’argent a fini par prendre son indépendance. De moyen, il est devenu fin. Quand on se sert de l’argent que pour satisfaire ses besoins, son usage est limité, limité comme le sont les besoins. Mais quand l’argent est devenu un but, il n’y a plus de limites, on n’en a jamais assez.

 

C’est un nouveau débordement.

Et celui-là est encore plus grave. Puisque l’argent est accumulé pour lui-même, peu importe à quoi il sert, peu importe s’il sert, peu importe même qu’il soit ou non nuisible. Et c’est ce qui se passe dans la société aujourd’hui.

95 pour cent des mouvements de capitaux en bourse n’ont rien à voir avec l’économie réelle.

Qu’ils s’amusent entre eux, les capitalistes, cela ne serait peut-être pas trop grave. Mais cela devient dramatique quand ces détenteurs de capitaux mettent leurs avoirs là où l’argent rapporte le plus et le plus rapidement, le retire sitôt que cela rapporte moins et ainsi bouleversent les bases même des entreprises qu’ils visent, car sans projet à plus ou moins long terme, les entreprises ne peuvent survivre. Il n’est pas rare que les détenteurs de capitaux, souvent d’ailleurs derrière des entités anonymes sans autre objectif que la rentabilité financière, exigent par exemple 15 % de bénéfice ce que la plupart des sociétés ne peuvent assurer qu’en se détruisant elles mêmes.

Ce débordement est cette fois criminel. Une mafia aveugle dirige l’économie.

 

Du premier débordement au dernier, il y a bien sûr un lien de cause à effet. Il faut donc se poser la question de la légitimité du droit de propriété quel qu’il soit.

 

Fernand COMTE

8 avril 2011

Fernand@fernandcomte.fr

 

 

L'Argent

 

L'argent n'est qu'un outil qui permet d'échanger des produits ou des services, de les comparer et ainsi d'en faciliter l'échange (le troc) : longtemps la baguette de pain et le timbre poste coûtaient exactement le même prix, cela voulait dire que l'on pouvait échanger l'un contre l'autre, l'argent qu'on mettait sur la table était la mesure du troc entre la baguette et le timbre ou entre ses équivalents. Maintenant ces deux produits ne sont plus au même prix. La baguette est-elle devenue plus difficile ou plus facile à fabriquer ? Le timbre poste correspond-il à un service plus ou moins important ?  Peu importe, la monnaie a en effet aussi un rôle temporaire. Sa valeur varie suivant le temps. Ce n'est pas une chose, c'est un symbole qui indique une des propriétés d'un produit, sa mesure au moment où il est échangé.

Tous ces mouvements de l'argent (la monnaie), comme un long fleuve tranquille, s'écoulent à travers les lieux et les temps. Mais comme un fleuve, si l'on met un barrage les eaux s'accumulent, l'argent s'accumule. La monnaie n'a plus la même fonction. Il y a l'argent-flux et l'argent-stock, deux sortes d'argent totalement différentes, l'un permet, comme son nom l'indique l'échange, le dialogue, une certaine idée de l'égalité, l'autre introduit le déséquilibre, l’argent est devenu un instrument de pouvoir.

On est passé, ainsi, comme le dit Marx

1)    d'un système MAM, (marchandise/argent/marchandise) dans lequel l'argent n'est qu'un intermédiaire, un outil, un simple symbole, un symbole qui n'a de matérialité qu'empruntée pour faciliter l'échange, pour mesurer la valeur des produits matériels échangés. L'échange réel est en fait seulement de marchandise à marchandise : M--M.

2)        à un système AMA (argent/marchandise/argent) dans lequel la marchandise, à son tour,  n'est plus qu'un prétexte pour faire rentrer de l'argent. Transformation de l’argent en marchandise et retransformation de la marchandise en argent, acheter pour vendre. Tout cet argent devient ainsi capital. Ce mouvement aboutit à l’échange d’argent contre argent, A—A. La marchandise n’est plus ce qu’elle était, elle est changée en or ou argent.

Les techniques de marchandage en sont là, la marchandise n'a plus rien à voir, n'a plus d'intérêt en elle-même, tout est question de prix, les plus bas ou les plus hauts suivant que l'on est acheteur ou vendeur. L'achat ne sert plus à l'échange mais à profiter de la faiblesse de l'autre. C'est un combat, et un combat qui n'est d'ailleurs pas forcément à armes égales.

Le pouvoir de frapper monnaie était un pouvoir régalien c'est-à-dire qu'il n'appartenait qu'à un pouvoir souverain. Le papier monnaie était assuré par une réserve d'or ou d'argent : l'or, l'argent était comme un produit qui permettait de donner une mesure, l'important était donc encore le produit et non l'argent qui ne correspondait qu'à une mesure. Ainsi, en principe, l'état ne devait frapper monnaie qu'en correspondance du stock d'or de ses coffres. C'était ce qu'on appelle l'étalon-or. Tous les états souverains avaient ce privilège. Cela a tenu un moment.

Mais en juillet 1944, les chefs d'état réunis à Bretton Woods en ont beaucoup discuté. Au lieu de l'or, certains (Mendes-France) ont proposé un « étalon-matières premières » mettant ainsi une sorte d’égalité entre pays riches et pays pauvres, les premiers possédant l’or et l’argent, les seconds possédant beaucoup de matières premières. Il semble que la face du monde économique en aurait été changée. Les pays riches n'ont pas voulu de cette solution, ils n'ont même pas voulu que l'étalon-or serve pour tous les états souverains : il est vrai qu'ils étaient un certain nombre à n'avoir plus d'or dans leurs coffres. Ils ont alors établi le Gold Exchange Standard en vertu duquel seul le dollar reste convertible en or  et les autres monnaies ne sont convertibles qu'en dollars. L'impérialisme économique américain s'impose alors. Le président Nixon ira même beaucoup plus loin puisqu’il mettra fin en 1971 à la seule contrainte qui lui restait, la convertibilité du dollar en or. Désormais les États-Unis ont les mains libres, ils peuvent faire payer au reste du monde leur déficit monstrueux, puisqu'ils peuvent tirer des dollars sans retenue.

Il faut ajouter qu'ils y tiennent à ce pouvoir absolu sur la monnaie. Pour le conserver ils sont prêts à mettre à feu et à sang des pays entiers. Saddam Hussein veut-il se faire payer son pétrole en euros ?  Crime de lèse-majesté ! Et voilà qu'on invente des « armes des destruction massive » qui n'ont jamais existé, une des  « armées les plus puissantes du monde » qui sera écrasé en quelques jours, et autres balivernes dont on amène des preuves soi-disant irréfutables, avec de grands discours pour sauver la planète. Ce sont en fait autant de mensonges éhontés destinés à entraîner le monde occidental dans cette croisade en faveur du dollar.

Le pouvoir de l'argent ainsi accumulé est le pire de tous les pouvoirs, qu'il soit entre les mains des petits chefs ou dans celles des plus puissants. Il est l’instrument de domination du monde pour les puissances financières. Un pouvoir inébranlable, anonyme et totalitaire ! Il est devenu le seul véritable pouvoir puisque dans notre société tous les autres pouvoirs s'y soumettent.

Il faut le savoir pour s'en protéger. Rendons à l'argent son rôle noble qui est de favoriser des échanges.

                                                                  Fernand COMTE

                                                                  Le 11 avril 2010

Fernand@fernandcomte.fr

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Commentaires

16.01 | 21:50

je regarde ton blog ce soir
c'est bon pour moi: tu y es bien
avant je ne le faisais pas

...
26.07 | 19:16

Je viens de lire un peu plus tes articles. j'ai ouvert le blog. Ils mettent en mots, en ordre les pensées que j'essaie d'ébaucher. je vais continuer.

...
13.08 | 01:08

Bonsoir Fernand, c'est avec plaisir que je viens de decouvrir votre blog. Amities, Lucian

...
13.01 | 20:53

bonsoir Fernand. J'ai lu hier votre magistrale démonstration sur l'endettement et ce soir vos voeux de 2014. Cela m'a beaucoup touchée.

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